A n’en pas douter, c’est la lecture du compte rendu du conseil municipal du 2 Juin 2010 qui m’a fait revenir sur les lieux de la future médiathèque à l’angle de la rue Carnot et la rue Bouvier. Ce conseil concernait uniquement la mise en route du projet de Médiathèque.
Une intervention de Mr Lettron (Liste Ensemble à gauche pour la démocratie et la solidarité) évoquait un noyer que je n’avais pas remarqué tant les discussions sont focalisées sur le séquoia centenaire:
Mr Lettron, concernant les arbres, n’a pas d’état d’âme et ne voit pas la beauté particulière du noyer.
Mr Lettron ne s’est pas arrêté souvent rue Bouvier pour se rendre compte de l’effet incroyable de cet arbre. Avec les moyens du bord, la photo ci-dessus essaie de le replacer dans son environnement. Il est aussi volumineux que la maison qui le voisine. Cette cohabitation donne à la maison un charme et un aspect très champêtre à la Boucher et… au noyer une sensation de force incroyable.
Mais, quelle fragilité aura-t-il face à notre équipe de tronçonneurs ? Mr Sergent (Conseiller municipal, délégué aux ressources humaines et à la gestion des carrière) n’y va pas par quatre chemins :
Au sujet des arbres, Monsieur Sergent souligne que l’on sait les replanter et qu’il faut faire attention à ne pas trop se restreindre.
Effectivement, abattre un arbre prend 1/2 journée, le planter 1H, le faire croitre au niveau actuel… 50 ans. La majorité laissera déjà une dette faramineuse à nos enfants. Pourrait-elle au moins leur laisser ce patrimoine arboricole en cadeau?
D’autant qu’il est assez rare de voir un noyer si ancien. En effet, ce bois est très prisé pour fabriquer des meubles...de la chambre de notre sympathique élu par exemple ou de la prochaine médiathèque. Chiche! A n’en pas douter, sa conservation serait une part d’un temoignage d’intêrêt pour les générations futures comme aime à répéter pour la médiathèque, Mme Duault qui porte le projet.
Tout est bon pour justifier l’abattage de nos arbres. Martine Parèsys, 1er adjointe au Maire, évoque une étude montrant que
Le Séquoia est en moins bon état (?) et il a des racines horizontales qui posent problèmes pour la construction de l’équipement.
Et oui! Elle découvre qu’un arbre a des racines dont le volume est proche de celui des parties aériennes. Ah! ces gens des Villes!
Mr Duru, qui a justifié les faramineux travaux de l’école de la république avec de drôles d’arguments, est prêt à sortir son compas avnt de se transformer en bûcheron:
Si le séquoia penche de deux degrés supplémentaires, il faudra l’abattre car rien ne pourra le retenir.
Et Mr Duru ne se trompe jamais…il le coupera avant que l’on ait pu constater que le séquoia se transforme en tour de Pise.
Pendant ce temps, notre équipe discourent depuis des mois sur l’agenda 21, le bilan carbone et les batîments HQE…. Ils en oublient l’essentiel d’une attitude éco-citoyenne globale qui est pour eux une posture. Ils continuent de construire le monde avec les vieilles habitudes qui les ont fait élire il y a 25 ans, basées sur le tout auto, le tout béton et le tout nucléaire. Il n’est pas question de couleurs politiques car vraisemblablement à gauche comme à droite, on apprécie de jouer de la tronçonneuse.
Mais que peuvent faire les régina-burgiens pour les retenir de ne pas saccager ce patrimoine ? Rejoindre la fédération Bourg-la-Reine environnement… On peut aussi espérer que les architectes proposeront des projets innovants respectant notre patrimoine.


Bon à savoir :
Deux personnes, appartenant à l’un des cabinets d’architecte, ont pris des photos de la rue Le Bouvier le 5/11 dernier.
Après discussion il apparait que dans les informations reçue de la mairie, les deux maisons seront rasées et le séquoia abattu.
Les architectes ont reçu aussi une étude, non divulguée au tiers, concluant que l’arbre n’est soi disant pas viable…
Il est temps d’exiger de la transparence sur ce projet ridicule qui va nous ruiner ; n’attendons pas le résultat des concours il sera trop tard…
À voir absolument le film d’Éric Rohmer « L’arbre, le maire, la médiathèque ». Le film de 1993 développe des préoccupations tout à fait d’actualité. Le maire qui veut son centre culturel et sportif (Pascal Gregory) est un socialiste vendéen héritier d’un bien national, l’instituteur (Fabrice Luchini) s’oppose au projet au nom de la défense d’un arbre centenaire et de la préservation du paysage. Mais c’est sa fille de 10 ans qui ira discuter avec le maire. À noter que l’éditeur est interprété par François-Marie Banier, le fameux photographe de notre Liliane nationale.
Cela vaudrait le coup de faire un relevé des dialogues pour alimenter notre réflexion sur la médiathèque de Bourg-la-Reine. Vous pouvez emprunter le DVD à la bibliothèque François Truffaut (près du Forum des Images, RER Châtelet-Les Halles).