
Nous pensions finir la campagne des régionales 2010 comme elle avait commencé…dans la souriante tranquillité habituelle. Hier soir, Un trublion nommé Vincent Peillon a semé la tempête sur notre canton. Il a exhumé un vieux journal jauni des archives pour rappeler le passé de notre conseiller général: Patrick Devedjian. Il y a 45 ans, le petit varois dans la rubrique des chiens écrasés évoquait deux jeunes dévoyés en à la Croix Valmer vacance qui avaient essoufflé la police. Vol d’une Smica 1000 (j’ai connu la 1000 spéciale!), syphonnage d’essence, une arme à feu, des pièces détachées dérobées… bref l’insécurité ordinaire tant dénoncée dans…le Val d’Oise.
Notre sémillant Patrick ne s’est pas laissé faire puisqu’ il échappait aux poursuites.... Mais comme tout a une fin. Il était récupéré le lendemain matin dans un état lamentable, les pieds ensanglants, les vêtements déchirés. Je crois que l’on appelle cela un délit de fuite mais 45 après… une sympathique aventure digne des gendarmes à Saint Tropez (1964) révélant un caractère bien trempé pour servir notre canton.
Vincent Peillon ne nous délivre pas un scoop puisque cette information a déjà fait le buzz. Mais, le parallèle avec les pseudo-révélations sur le passé de Ali Mounaré est plutôt cocasse. Effectivement, on espère pour lui une aussi brillante carrière que celle de Mr Devedjian. Nous avons des candidates à Bourg-la-Reine…leur passé leur appartient, intéresse-t-il nous?. L’essentiel n’est pas là. Leurs convictions et leurs valeurs voilà ce qui nous intéresse!
A bientôt
1. L’ISF ? Avec le bouclier fiscal et autes mesures de niches fiscales afférentes, il n’en reste plus grand chose comme vous le savez.
2. L’immigration: vous parlez de reconduite à la frontière, mais sans évoquer les entreprises du bâtiment et autres restaurateurs qui organisent le trafic de main d’oeuvre. Curieux. Car intéressez vous un peu à la vie des sans papiers en France et vous aurez, je vous assure, un autre point de vue. Plus humain d’abord. Plus efficace ensuite.
3. L’école: un peu de démographie vous permettrait de relever le fort taux de fécondité en France depuis la fin des années 1990. Il est possible qu’un des secteurs de l’Education nationale soit, pour l’instant, en légère baisse d’effectifs, mais combien de temps faut-il pour former des enseignants ? Faut-il, comme d’habitude, avoir une vision à court terme ? Surtout la présence des « pions » et autres « emplois jeunes » avait permis une belle amélioration de la situation dans les établissements, ainsi contre la violence bien sûr. Vos amis ont rompu avec cette politique par pure idéologie. Absurde.
4. Tartuffe ? Je répondrais d’abord respect des règles de la République et de la démocratie. Terminer la campagne de premier tour par une interview dans le Fig Mag sans possibilité même de réponse, c’est indigne. Plus encore peut-être, il y a le mensonge : il y a quelques semaines le président avait assuré qu’il ne s’engagerait pas dans la campagne des régionales car, comme président de tous les Français, il se situait au-dessus de la mêlée. Cela participe, de fait, d’un dégoût de la politique. C’est d’une extrême gravité d’afficher le mensonge en règle de gestion de la communication (pensez à la promesse de baisse du chômage, il y a deux mois de cela, devant les téléspectateurs pour les semaines à venir; pensez au discours devant les agriculteurs sur les contraintes environnementales etc.).
5. En l’occurrence, mon ami Moscovici n’a pas été bon sur France 2. Il a participé d’une opération politicienne assez médiocre qui faisait l’impasse sur une histoire de la mémoire autrement plus complexe qu’il n’en a donné l’air.
Puisque Denis fait de la politique, répondons.
La politique fiscale ? L’ISF n’a pas été suppirmé. L’immigration ? Les décisions de justice de reconduite à la frontière sont davantage respectées. Faut-il s’en plaindre ? L’école ? Les effectifs d’éducateurs sont adaptés aux effectifs d’élèves. L’implication de NS dans une campagne électorale ? Il n’y a que les Tartuffe pour s’en offusquer. Ses prédecesseurs ont fait pareil. Il y a bien longtemps que le président de la République n’est plus un « arbitre » mais un éminent acteur politique.
Le fossé est peut-être entre ceux qui regardent les choses en face avec pragmatisme et réalisme, non-exclusifs de générosité et d’humanisme, et d’autres qui trainent quelques restes de rébellion systématique à toute autorité, avec la prétention d’êre tellement plus justes.
Mais le fossé se réduit heureusement. Cohn-Bendit ne jette plus de pavés, Jospin privatise, Chevènement tance les sauvageons, le PS approuve le libéralisme européen et la Vème République, Rocard n’accueille pas toute la misère du monde. Encore un effort toutefois pour arriver aux courageuses réformes du SPD.
Chirac stigmatisait les « donneurs de leçons » de la gauche. Il en reste beaucoup de ce côté de la rigole. Il en est aussi quelques uns de remarquables par leur honnêteté intellectuelle et leur finesse d’analyse, comme votre camarade de plateau P. Moscovici ou l’excellent H. Védrine. Mais malheureusement pour le pays, ils ne seront jamais au tout premier plan.
Sur la gratuité des classes de découvertes… j’ai toujours trouvé ces séjours formidablement injustes vis à vis des élèves qui ne partent pas… Un vrai sujet. Eh oui, en 5ème, je n’étais pas des deux classes qui avaient la chance de partir à Londres. J’en conserve un grand sentiment d’injustice. Encore heureux que mes parents ne payaient pas 100 % des séjours des chanceux partants !
Cher Colbert,
1. J’ai au moins trois exemples en tête pour dire que le fossé est plus vivace que jamais (ce qui ne veut pas dire une opposition systématique): la politique fiscale depuis 2007 est caractérisée par un allègement systématique de la pression sur les plus riches. On peut être pour ou contre, mais il y a là une évidence. La politique de l’immigration et des sans papiers: c’est pour moi un clivage majeur qui ne concerne pas la dénonciation des passeurs et des trafiquants du sommeil, mais la fermeture du pays et l’exploitation de la peur de l’immigré. La politique de l’éducation nationale: là encore chacun se positionnera comme il veut mais le président a engagé une baisse dramatique de l’encadrement par des majeurs dans le système scolaire alors que la gauche set contre.
Vous n’avez pas tort cependant d’évoquer le décalage entre les promesses du candidat et ses réalisations. Son problème sera sans doute là: dans un contexte de crise où l’économique et le social sont centraux, il faut que l’activisme affiché se traduise dans les faits. On ne peut pas dire que la croissance est pour demain et constater la catastrophe, on ne peut pas, droit dans les yeux dans une émission grand public, annoncer que le chômage va « baisser dans les prochaines semaines » et devoir constater quelques semaines après qu’il a fortement augmenté. On ne peut dire aussi qu’on ne va pas intervenir dans la campagne électorale pour, ensuite, convoquer Pécresse et ses colistiers à l’Élysée puis rendre visite comme par hasard à la Franche Comté, région que la droite espère récupérer. Tout cela lasse il me semble.
J’ajouterai même la politique des transports en Île de France: quand Sarko privilégie le « grand 8″ reliant Roissy et Orly à Saclay et la Défense, plutôt que de privilégier, comme Huchon, un tissage beaucoup plus fin avec l’Arc Express à 3 kms de paris et les radiales pour améliorer la vie des banlieusards et permettre de meilleures liaisons de banlieue à banlieue, on peut dire qu’il y aune grosse différence.
Et s’il faut aller sur le local, le lieu même où les oppositions devraient être limitées, les choix (ou les non choix) de la municipalité actuelle, de JN Chevreau comme de Martine Parésys, se fait toujours au détriment des moins favorisés. Voir la politique fiscale (scandaleuse depuis trop longtemps) et l’état des logements sociaux. Vous devriez y faire un peu de porte à porte pour vous en rendre compte. Vous me répondrez cependant à juste titre que d’autres communes, de couleurs politiques différentes, font de bonnes politiques et que la défense des commerces, si lamentablement abandonnés par l’équipe municipale de BLR, n’est pas, par exemple, la caractéristique de la gauche. Toujours est-il que, là aussi, le bilan est déprimant. La tribune de la majorité va même jusqu’à reprocher à l’opposition (en l’occurrence une juste prise de parole de Denis Delrieu) de plaider pour la gratuité complète des classes de découvertes puisqu’elles sont pleinement dans le programme de l’éducation nationale et, à ce titre, puisque l’école est gratuite, cela se justifierait. On nous annonce que cela coûterait en plus … 40.000 euros par an à la collectivité (puisqu’il y a déjà une aide) ! On peut discuter de la nécessité ou non de prévoir une contribution des familles directement, mais retenons l’ordre de grandeur : l’enfouissement coûte chaque année 800.000 euros, soit 40 ans de classes de découverte. Vous ne voyez pas un problème de priorité ?
Si l’abstention s’annonce importante à ce scrutin, c’est que l’électeur, comme DP qui est trop fin pour l’ignorer, a bien compris qu’il n’y avait plus bien grande différence entre la droite et la gauche. La peur des chars place de la Concorde est bien lointaine, et la droite française a définitivement renoncé à une France plus « libérale ». L’UMP est bien plus « à gauche » que le parti travailliste, voire que le SPD. Quant au PS, il ne se relancera plus dans les brillantes nationalisations de 1981.
Aux orties la Rupture, NS s’est replié sur une confortable continuité mitterrando-chiraquienne, décevant par là une partie de son électorat sans aucunement séduire l’électorat de gauche qui restera au bercail. Un boulevard pour DSK si le militant socialiste vote l’investiture plus avec sa raison qu’avec son « coeur à gauche ». L’EPAD et le bling bling pourraient être à Sarko ce que les diamants furent à VGE. Les Français adoreront le voir battre en 2010, voire en 2012, tout en lui reconnaissant (comme à VGE) d’utiles réformes. Peuple ingrat peuple fort.
Ce scrutin de midterm sera donc, comme en 2004, un vote défouloir contre le pouvoir central, le pouvoir régional étant, comme le rappelle bien Ph. Laurent, finalement assez anecdotique, peu connu, et idéal pour un vote protestataire.
La différence droite-gauche cher Denis ? beaucoup de comédie chez ceux à gauche qui entretiennent la fracture en prétendant avoir plus de coeur que les vilains égoïstes de droite, même si certains à droite qui crient à la gabegie socialiste ne sont, il est vrai, pas beaucoup plus crédibles. La prestation larmoyante de Martine Aubry ce soir sur France 2 était de la grande comédie pour cette brillante énarque qui sait très bien que tout n’est pas si simple.
Le fossé droite-gauche est aujourd’hui une rigole pour la galerie, avec des acteurs plus ou moins talentueux des deux côtés. L’électeur souverain, en fonction de la conjoncture et de la qualité de l’offre, sait heureusement, sans idéologie, faire la part des choses. Que le meilleur gagne.
Je ne crois pas, cher Colbert, à la fin des différences droite-gauche, thématique dont la droite, en l’occurrence, est souvent porteuse. Ainsi en est-il du projet de Grand Paris avec le pharaonique grand 8 sarkozien qui, certes, relie les grands aéroports avec la Défense, mais fait l’impasse sur les liaisons interbanlieues, au-delà des seuls hommes d’affaires. Huchon, lui, propose un vas aménagement de proximité, avec l’Arc Express, périphérique de train à 3 kms de Paris facilitant ainsi les liaisons entre banlieues, et des radiales reliant à la capitale par des moyens de consommations économes en énergie et rapides (ainsi du tramway).
Il est vrai que la presse en parle peu, préférant les affrontements de cirque.
Pour autant, avec l’affaire Ali Soumaré, l’UMP a atteint le niveau 0 de la trashitude. Je suis fier que Jean-Paul Huchon n’ait pas flanché une seule seconde dans la confiance qu’il faisait à cette jeune tête de liste du 95. Je souhaite que ce signe fort sera entendu dans les banlieues délaissées. Au PS, aujourd’hui, de servir de vecteur d’intégration par la promotion politique et l’expression citoyenne de ces populations.
Quiconque a entendu Peillon évoquer le cas Devedjain-Madelin a compris qu’il s’agissait là d’une pointe d’humour montrant, par l’exemple extrême, l’absurdité de telles campagnes actuelles. Il vous suffit de réécouter l’affaire sur le net Web pour vous en convaincre.
Il temps de mettre dehors M. Devedjian… déjà en tant que conseiller général en 2011, puis en tant que député en 2012 !
Ce M. a trop de casseroles aux fesses ! DEHORS !
Demain, je vous révèlerai l’identité de l’élu municipal qui a perdu des points sur son permis de conduire.
Quelle sera la prochaine saloperie ? La fin des réelles différences droite-gauche font tomber les campagnes, faute d’idées, dans le trash.