La politique de l’autruche

La pétition concernant la sauvegarde de la librairie de Bourg-la-Reine  a receuilli près de 2700 signatures. Les pétitionnaires demandent à la mairie de mettre tout en oeuvre pour maintenir sous une forme ou une autre cette activité commerciale particulière. Les réginaburgiens , habituellement assez réservés, se mobilisent  pour un libraire qu’ils font vivre depuis longtemps. En effet, l’affaire deviendra déséquilibrée par une augmentation brutale de son bail en avril 2010.

En novembre 2009, la tribune de la majorité s’insurgait que l’opposition orchestre une véritable campagne de désinformation concernant un des commerces les plus appréciés de BLR. En faisant courir de faux bruits sur les hypothétiques raisons de sa fermeture. Merci à l’orchestre d’avoir fait du bruit. Manifestement, la majorité ne maîtrise pas la lecture des comptes. La fermeture de la librairie est bien à l’ordre du jour.

En décembre 2009, nos sympathiques prosateurs de la majorité nous reservent un drôle de service. « Consolider et préserver ce lien (entre habitants) est une de nos préoccupations constantes même si,dans le cas précis d’une activité commerciale et malgré tout ce que la Municipalité a entrepris depuis plusieurs mois (…) » La situation difficile du verger des Muses est maintenant reconnue. La municipalité aurait entrepris des actions pour le préserver. Lesquelles? Les secrets de deux trois coups fils pour se donner bonne conscience ne nous seront pas révélés ? C’est aussi l’aveu grave d’un problème de communication entre la page 3 (édito du Maire) et la page 29 (la tribune de la majorité) du journal de Bourg-la-Reine.

La suite est d’un consternant manque de conviction, de combativité et d’imagination. Il faut être prêt à accepter les limites incontournables de l’initiative privée qui préservent la liberté individuelle à laquelle chacun est légitimement attaché. Nos charmants élus dont l’adjointe à la culture qui co-signe la tribune plient le camp et laissent abattre notre institution par un libéralisme économique qui a bon dos. Nos papys montrent plus d’enthousiasme et d’inventivité pour virer notre mamie héros du square Colbert que de sauver le pilier du commerce local!

Le reste du texte est une description à l’avenant de la politique culturelle de la ville. Qui la critique depuis le début de ce mouvement citoyen? C’est plutôt le modèle de développement urbain appliqué depuis longtemps par la ville qui est remis en cause. La mairie signe avec les promoteurs des programmes tout beau-tout prêt (zac centre ville) passe partout et sans identité. Les commerces indépendants de proximité sont un ressort essentiel du lien…entre les habitants. Ils n’ont pas été protégés comme à l’agaçante ville de Sceaux (plusieurs zones protégées).

Ce mouvement remplace clairement la curieuse enfilade de questions du sondage PLU. Les habitants veulent un autre développement, plus respectueux de l’identité de la ville. Quelle identité direz-vous ? Un amour des Lettres et des Arts certainement. L’idée d’une association de defense de la librairie en est une preuve.

Pour finir, j’espère que des solutions vont bientôt être présentées aux réginaburgiens. Je souhaite aussi que nos amis de la majorité rejoignent ce mouvement qui dépasse les clivages politiques. Ils sont aussi des amis des Arts et de Lettres comme le montre la politique culturelle de la ville.

Rendez vous est encore donné ce samedi pour soutenir le Verger des Muses

Signez la pétition et suivez le blog très sympathique de l’initiative citoyenne.

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